Hier soir, alors que je piochais très sérieusement sur ce blogue, mon ami L'Homme Scalp m'a demandé comment j'avais trouvé le dernier album de Thomas Fersen, réalisé par notre compatriote Fred Fortin. «Concept intéressant», lui ai-je répondu. «Du Fersen qui sent le bleuet». C'est tout.C'est tout??!!! Mais comment ai-je pu en dire si peu? Surtout à celui qui décrit toutes les musiques si adroitement, avec poésie, justesse et un zzzzzzeste de folie. Son blogue est tellement bien écrit que, parfois, je vais relire de vieux billets, comme ça, pour le plaisir. Comment ai-je pu réduire mes commentaires ainsi, moi, la grande admiratrice de Fred et de Thomas, qui jadis préparait de juteuses chroniques-radio ou recommandait ses coups de coeur (avec coeur) à mille et un clients?
Je n'ai trouvé qu'une réponse à ma question: la paresse. Je suis devenue paresseuse! Il y a tellement de nouveaux disques qui passent par nos bureaux que je ne les écoute plus: je les survole. C'est sûr que, plus tard, je les découvrirai pour vrai. Je leur ferai une petite place dans mon lecteur mp3, entre Gainsbourg, Dylan et Tom Waits, et les laisserai se frayer un chemin jusqu'à mon coeur.
Mais ce soir, puisque Fred, Thomas et Claude méritent mieux, je me suis repassé Trois petits tours en rentrant du boulot (après un bon vote bien senti - voir billet ci-dessous). Voici donc mes impressions:
- C'est bien du Fersen. On le reconnaît partout: les superbes textes, le minimalisme des mélodies, le ukulélé, les habiles métaphores animalières et les histoires de valise.
- Ça sonne toujours comme du Fersen (ouf...veuillez excuser cette plamonderie) mais on sent tout de suite la présence de Fortin l'arrangeur. D'abord, dans les percussions: bac de plastique retourné, grosse caisse de fanfare des Épis d'or de Saint-Maurice, clapements de mains sporadiques (ou pas) et sac de bottes de ski. Puis dans les guitares: pedal steel, dobroe, lap steel. On entend aussi Fortin le musicien: basse, voix.
- Pour ce qui est de Fortin le réalisateur, je pense qu'il a fait un sacré bon travail. Il a su américaniser le son de Fersen tout en ne lui enlevant rien de son essence ni de sa présence. Et il a choisi de bons musiciens d'ici pour accompagner les ukulélés, banjo et mandoline de Pierre Sangra, Ze fidèle complice de Thomas.

3 commentaires:
Je pense que je vais me le procurer cet album finalement...J'étais une fan de Fersen au début, et j'aime aussi le ukulele. Tu as raison, desfois on devient paresseux!
Bonjour, j'accrochais pas au debut, a ces 3 petits tours,à part une ou deux chansons(la malle, ce qu'il me dit) et puis finalement il tourne aussi en boucle,comme tous les autres albums de Fersen ;-) (d'ailleurs je trouve que les arrangements de fred les plus reussis sont sur "ce qu'il me dit")
Moi, je suis comme metoo, une fan inconditionnelle... Mais peut être que ça se pourrait qu'un jour, je sois déçue, qui sait. C'est difficile, pour un artiste, de faire "aussi bien", tout en ne se répétant pas.... Et bien, il a encore réussi. Moi, je fais attention de ne pas le passer en boucles, pour en garder bien la saveur.... Un peu comme la cuisine, quoi.. Un peu comme du gâteau au chocolat ! C'est tellement meilleur quand ça fait un bout de temps qu'on y a goûté !
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