19 octobre, 2008

Qui suis-je?

Monsieur Brindamour avait vu juste: il s'agit bien de Johnny Depp sur le plateau du film «The Libertine». Depp y interprète John Wilmot, the Earl of Rochester, un poète du 17ème siècle. Alcoolique et débauché, Rochester est mort dans la jeune trentaine de la syphillis.

Dans cette scène, Rochester fuit le roi et joue au médecin charlatan dans un marché public. Difficile de reconnaître le beau Johnny!!

Le paradis des jeans!

Vous cherchez des jeans? Inutile de faire les boutiques! Il y a un endroit à Montréal où vous êtes certains de trouver ce qu'il faut pour mettre vos jolies fesses en valeur.

La boutique s'appelle tout simplement «Jeans jeans jeans» et on comprend vite pourquoi: il y en a jusqu'au plafond! Pour hommes, pour femmes, des marques prestigieuses (Diesel, Guess) des plus modestes (Levi's, Lois), des bleus, délavés, foncés, des noirs, à paillettes, salopettes bref, il est impossible de ne pas trouver.

En entrant dans cette grotte, nous sommes immédiatement accueillis par des vendeurs (je dirais plutôt des guides car il y a tellement de choix qu'on pourrait s'y perdre) qui vous demandent ce que vous cherchez. Certains peuvent même, d'un seul coup d'oeil, trouver le jeans qui vous ira. Après la cueillette, c'est le temps de l'essayage. Les commis à l'essayage prennent alors la relève des «guides» en vérifiant avec vous ce qui va et ne va pas. Pas de baratin de vendeur. Pas de temps à perdre non plus: les cabines sont minuscules et l'espace d'essayage est surpeuplé. Je me demande bien comment la couturière arrive à travailler dans ce brouhaha.

Malgré le fait que je sois difficile à habiller (je suis entre les tailles normales et les tailles plus), j'ai essayé une dizaine de modèles et j'ai pu ainsi voir quelles coupes m'allaient bien. J'ai finalement un Lois bleu foncé un peu 70's, coupe droite, qui me fait un c....d'enfer pour seulement 49.95$ !!

À vous maintenant:

5525, rue de Gaspé
Montréal (Québec)
H2T 2A3
Téléphone : (514) 279-3303

14 octobre, 2008

Les Trois petits tours de Fred et Thomas

Hier soir, alors que je piochais très sérieusement sur ce blogue, mon ami L'Homme Scalp m'a demandé comment j'avais trouvé le dernier album de Thomas Fersen, réalisé par notre compatriote Fred Fortin. «Concept intéressant», lui ai-je répondu. «Du Fersen qui sent le bleuet». C'est tout.

C'est tout??!!! Mais comment ai-je pu en dire si peu? Surtout à celui qui décrit toutes les musiques si adroitement, avec poésie, justesse et un zzzzzzeste de folie. Son blogue est tellement bien écrit que, parfois, je vais relire de vieux billets, comme ça, pour le plaisir. Comment ai-je pu réduire mes commentaires ainsi, moi, la grande admiratrice de Fred et de Thomas, qui jadis préparait de juteuses chroniques-radio ou recommandait ses coups de coeur (avec coeur) à mille et un clients?

Je n'ai trouvé qu'une réponse à ma question: la paresse. Je suis devenue paresseuse! Il y a tellement de nouveaux disques qui passent par nos bureaux que je ne les écoute plus: je les survole. C'est sûr que, plus tard, je les découvrirai pour vrai. Je leur ferai une petite place dans mon lecteur mp3, entre Gainsbourg, Dylan et Tom Waits, et les laisserai se frayer un chemin jusqu'à mon coeur.

Mais ce soir, puisque Fred, Thomas et Claude méritent mieux, je me suis repassé Trois petits tours en rentrant du boulot (après un bon vote bien senti - voir billet ci-dessous). Voici donc mes impressions:
  • C'est bien du Fersen. On le reconnaît partout: les superbes textes, le minimalisme des mélodies, le ukulélé, les habiles métaphores animalières et les histoires de valise.
  • Ça sonne toujours comme du Fersen (ouf...veuillez excuser cette plamonderie) mais on sent tout de suite la présence de Fortin l'arrangeur. D'abord, dans les percussions: bac de plastique retourné, grosse caisse de fanfare des Épis d'or de Saint-Maurice, clapements de mains sporadiques (ou pas) et sac de bottes de ski. Puis dans les guitares: pedal steel, dobroe, lap steel. On entend aussi Fortin le musicien: basse, voix.
  • Pour ce qui est de Fortin le réalisateur, je pense qu'il a fait un sacré bon travail. Il a su américaniser le son de Fersen tout en ne lui enlevant rien de son essence ni de sa présence. Et il a choisi de bons musiciens d'ici pour accompagner les ukulélés, banjo et mandoline de Pierre Sangra, Ze fidèle complice de Thomas.
Lorsque j'ai appris que ces deux-là avaient travaillé ensemble, j'ai d'abord sursauté. Puis, trois secondes plus tard, je me suis dit «quelle bonne idée!» et là, j'ai tout de suite entendu des choses dans mon cerveau. Trois petits tours, finalement, c'est exactement ce que j'ai entendu ce jour là dans mon cerveau. Pensez-y!!

13 octobre, 2008

Film d'horreur

Octobre, c'est le mois des monstres, des citrouilles, des fantômes et des sorcières. Malheureusement pour notre beau décor automnal, c'est aussi la saison des élections. Alors, en cette journée pré-électorale, laissez-moi vous mettre dans l'ambiance en vous présentant le film qui m'a donné les plus gros frissons dans le dos.

Attention! Les propos contenus dans cet extrait vidéo risquent de choquer!!



Et voici la version un peu moins drôle, telle que suggérée par mon amie Tite-Minique!



Priez pour nous, pauvres citoyens de Papineau!

12 octobre, 2008

Qui suis-je?



















Cette dame profite d'une pause pendant le tournage d'un film pour se faire photographier avec cet acteur très connu. Lorsque j'ai vu ce personnage dans le film en question, je ne l'ai même pas reconnu!! Peut-être serez-vous plus perspicaces que moi?

De quel acteur et de quel film s'agit-il??

Vous avez une longueur d'avance sur moi car, dans cette scène, en plus d'être défiguré, il était masqué!! Et je vous laisse un indice: ce n'est pas John Malkovich!

Mason Jennings: fils de Dylan!

Un petit mot pour vous dire à quel point j'ai apprécié le concert de Mason Jennings mercredi dernier aux «Saints», une toute petite salle sur Ste-Catherine/St-Laurent. Ce natif d'Honolulu (!!!) que j'ai découvert grâce au film I'm not there nous a offert un spectacle intime et dépouillé, s'inscrivant ainsi dans la digne démarche des storytellers et protest singers américains.

Voici Fighter girl, un extrait de son plus récent album: In the ever.



Je vous recommande également l'album Use your voice et la trame sonore du film I'm not there pour ses magnifiques interprétations de The lonesome death of Hattie Carroll et de cette chanson un p'tit peu plus connue...

L'«ami» de Jack Sparrow...

Il y a chez nos voisins du sud autant de personnificateurs de Jack Sparrow que d'imitateurs d'Elvis. Certains gagnent même leur vie à jouer le célébre personnage de la trilogie Pirates of the Carribean dans divers événements corporatifs ou des fêtes d'enfants. L'histoire de l'un d'entre eux a retenu mon attention.

Brandon Pinto (ou Hillock, son nom de scène) est un jeune et talentueux acteur que l'on a pu voir dans la télésérie Veronica Mars, un réalisateur (Pinto Pictures) et un organisateur d'événements thématiques (Marked Men). Dans l'édition de juin 2008 du L.A. Magazine, l'acteur nous invite dans une zone interdite: les coulisses de Disneyland.

Au tout début de l'article, Pinto raconte qu'il a toujours été un grand fan de Disney (et il le restera, malgré ses mésaventures). Il rêvait depuis longtemps d'y travailler mais n'avait pas encore trouvé le personnage qu'il pourrait y interpréter. Lorsqu'il a entendu dire que Disney cherchait quelqu'un pour jouer Jack Sparrow, il s'est pointé à l'audition et a été choisi devant une soixantaine d'autres postulants pour être le premier Captain Jack de Disneyland. Il allait bientôt gagner sa vie dans la peau du pirate le plus cool de l'histoire du cinéma!


J'imagine que Johnny Depp a du faire suer plusieurs gros producteurs de Disney en proposant les différents traits de caractère de son personnage. Opportuniste, malhonnête, étourdi, menteur, rockstar et un peu trop porté sur le rhum et les femmes, son Captain Jack ne cadrait pas tout à fait avec l'image proprette et aseptisée de «l'empire du divertissement». N'est-ce pourtant pas l'essence même d'un pirate d'être en marge de la société?? Bref, Johnny étant Johnny, on lui a donné la latitude nécessaire pour créer le personnage que l'on connaît aujourd'hui.

Pour Brandon Pinto et ses collègues (deux autres acteurs avaient été choisis pour prendre le relais), ça ne s'est pas vraiment passé de la même façon. D'emblée, pour ne pas offenser les invités du parc (chez Disney, le mot «clients» est interdit), on a demandé aux acteurs de proposer un Jack Sparrow beaucoup moins décadent, qui ne parle pas d'alcool et qui ne flirte pas avec les femmes. Pourtant, toutes les chansons de pirates qui jouent sur le site sont des chansons à boire!! Et toutes les femmes veulent flirter avec le beau Captain Jack (certaines vont même un peu trop loin, raconte Pinto). De plus, puisque le poil au menton est interdit pour tous les membres de la distribution (chez Disney, le mot «employés» est interdit), les Jack Sparrow en devenir ont dû se raser la barbichette pour se coller ensuite une ridicule postiche (qui n'a jamais l'air parfaitement naturelle et qui risque de tomber à tout moment lorsqu'il fait trop chaud).

Évidemment, pour tout acteur qui se respecte, ces règles de conduite semblent un peu exagérées voire même paradoxales. Pinto a dû en contourner certaines, par souci d'intégrité envers son personnage. Cette témérité l'a d'abord mené à avoir quelques conflits avec la direction du parc et, après l'accumulation de plusieurs points de démérite à son dossier (!!!), a être congédié.



D'un certain point de vue, je comprends les dirigeants de Disney d'avoir quelques exigences afin de maintenir leurs hauts standards de qualité. Je crois par contre qu'ils devraient avoir davantage confiance au bon jugement des gens qu'ils engagent. De mauvaises langues rapportent également que les échelles salariales de l'«happiest place on earth» datent encore des années 50. Les deux tiers des employés ne gagneraient même pas 10$ de l'heure! On est en 2008! Un peu plus d'ouverture d'esprit s.v.p?!! Le jour où j'irai à Disneyland, je veux être courtisée par Jack Sparrow. Je m'attends aussi à ce qu'il me vole mes bijoux, qu'il parle de rhum, qu'il ait une vraie barbe et, surtout, des conditions de travail décentes!!!

Mauvais salaire, aucune place à la créativité, mais qu'est-ce qui rend donc les acteurs de Disney si heureux? Le prestige de jouer dans le plus gros spectacle du monde? Pas du tout! Les acteurs ne peuvent même pas dévoiler leur identité, que ce soit en public ou sur le web (on a d'ailleurs demandé à Pinto de retirer sa page web dédiée à Jack Sparrow). Et au cas où quelqu'un les reconnaîtrait sur le site lorsqu'ils ne sont pas costumés, on leur a préparé cette belle réplique:

-Êtes-vous Jack Sparrow?
-Non, je suis l'ami de Jack Sparrow...


Imaginez-vous maintenant en train de dire que vous êtes l'ami de Goofy...C'est sûr qu'il faut cultiver le mystère et entretenir la magie mais il y a quand même des limites!


C'est donc après avoir dévoilé son nom lors d'une interview à la première de Pirates of the Carribean: At world's end (à laquelle il assistait sous les traits de Jack Sparrow mais «off duty», avec son propre costume) que les dirigeants de Disneyland ont décidé de congédier Brandon Pinto. Heureusement, celui-ci se dit plutôt soulagé de ne plus avoir à se faire surveiller et corriger sans cesse. Il est maintenant travailleur autonome et offre ses services pour animer vos fêtes avec ses Marked Men . Allez voir les photos! Les autres personnages sont aussi très bien réussis!

Souhaitons à ce «pirate dans l'âme» un bel avenir! Son audace et sa façon de faire face à la censure ne font que prouver qu'il est un esprit libre. Et, après tout, plusieurs grands acteurs ont aussi connu des débuts difficiles. Brad Pitt ne faisait-il pas la promotion des restaurants El Pollo Loco déguisé en poulet?

-Êtes-vous le poulet?
-Non, je suis l'ami du poulet....

06 octobre, 2008

À quoi ça sert, la culture?

En cette rentrée automnale, j'ai pensé vous offrir ce petit billet paresseux. Pourquoi, paresseux? Parce que quelqu'un d'autre -en l'occurence, Stéphane Laporte- l'a écrit à ma place. Je cède donc ma tribune à celui qui a si bien vulgarisé l'histoire des coupures dans la culture.

"[...] Quand les médecins et tous les gens de la santé revendiquent plus
d'argent, qu'est-ce qu'ils font? Ils demandent aux artistes de les appuyer.
Et les artistes se démènent. Ils font des spectacles bénéfice, des
téléthons, des chansons, des publicités gratuites. Tout pour aider la
recherche sur le cancer, la fibrose kystique, les maladies mentales ou pour
appuyer Sainte-Justine. Ils sont où, les gens de la santé, pour appuyer les
artistes, aujourd'hui? Malades?

Quand on a besoin de sensibiliser les gens à langue, à la dictée, au
décrochage scolaire, à l'écologie, à la violence, à la justice sociale, à
toutes ces causes plus importantes que la culture, à qui fait-on appel? Aux
artistes. Qui est connecté à l'âme des gens? Les artistes. Ils sont où, les
dirigeants des compagnies et des organismes publics qui se servent d'eux?
Ils sont où pour les défendre, aujourd'hui?

Quand surviennent de grandes catastrophes, vers qui se tournent les victimes
pour amasser des fonds pour leur venir en aide? Vers les artistes. Ils
organisent de grands spectacles pour les victimes de Katrina, des
inondations du Saguenay ou de la famine en Afrique. Et soudain toute la
société est touchée. Et soudain toute la société est concernée. Se
pourrait-il que le jour où il n'y aura plus d'artistes, le monde n'aura plus
de coeur?

Et si c'était ça, la culture: le coeur d'un pays?

Les conservateurs proposent de l'amputer. Un Canada sans coeur. À l'image de
ses dirigeants. C'est moins de trouble et plus économique. Mais c'est dur et
plate longtemps. Vous verrez..."

Stéphane Laporte